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Affaire grève à la DGI / La Direction Générale et la MADGI s’expliquent sans convaincre 

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L’annonce d’une grève décidée en assemblée générale (Ag) par les sept syndicats de la direction générale des Impôts (Dgi) fait bouger les lignes au plus haut niveau de la hiérarchie de cette régie financière. La pression des syndicats a produit ses premiers effets mais qui restent largement insuffisants selon les syndicalistes. Par exemple, les 5 milliards de Fcfa virés sur le compte de la Mutuelle des agents de la direction générale des Impôts (MADGI) sur une dette d’environ 35 milliards de Fcfa représentant les cotisations assurance santé des agents et autres. Il y a
également les nominations tant réclamées aux postes de direction et de sous-direction qui commencent à tomber. Ces quelques mesures prises au sommet de l’Etat pour répondre aux revendications des plateformes syndicales n’ont pas suffi à les attendrir. Bien au contraire, lors de leur assemblée générale extraordinaire du 19 juin 2024, la Fesy-Dgi et ses alliés dont l’ASA-DGI et l’Anadgi ont, à l’unanimité, opté pour le dépôt d’un préavis de grève les 24, 25 et 26 juillet 2024.
Et pour ce qui est de la l’Anadgi et l’Asa-Dgi, c’est chose faite depuis le 24 juin 2024.
Il n’en fallait pas plus pour irriter les proches du Directeur général des Impôts, Ouattara Sié Abou. Ils crient au complot et dénoncent une décision de grève prise aux forceps. Pour les soutiens du Dg, cette grève ne se justifie plus au moment où les revendications sont en voie d’être satisfaites. Par presse interposée, ils accusent ouvertement le secrétaire général Téhé Jasmin du SYNAFISC d’être le bras armé de ce ”complot” ourdi contre le DG Sié Abou.
Il est donc rompu aux procédures syndicales, car il sait bien que les décisions prises en assemblée générale sont souveraines et s’imposent à tous y compris au secrétaire général. Cela est su de tous. “Il n’y a pas de complot contre la personne du Dg des Impôts et aucun syndicat n’a demandé des excuses au DG parce que nous allons en grève. Disons les vraies choses dans leurs vrais contextes. Au contraire ses relations avec les secrétaires généraux des syndicats de la direction générale sont au beau fixe », a déclaré le Secrétaire Général de l’ASA-DGI, M. DJEDJEMEL Akpa.
Et de poursuivre : « Le seul problème est que la vie des agents est en danger. 35,5 milliards de Fcfa de passif, 5 milliards avancés. C’est ça le problème. Aujourd’hui, on crie au complot en cherchant la petite bête ailleurs au lieu de s’en prendre à eux-mêmes. Le Dg des Impôts lui-même est un ancien responsable syndical. Il sait que les assemblées générales sont souveraines. C’est donc l’assemblée générale qui a décidé et ses décisions sont souveraines et exécutoires. Nous respectons les décisions du peuple pour dire – démission du top management de la Madgi – démission de la direction générale. C’est ce qui a été dit et fait. Il n’y a pas autre chose que ça”, a-t-il contre-attaqué.
Lequel ramène les autorités au problème central qui consiste à trouver les réponses aux revendications. Citons entre autres, la prise d’une décision pour instaurer les lettres d’avance, quatre (4) au total pour les quatre prochains trimestres. Ces lettres d’avance, dit-il, sont un début de solution à une revendication clé des syndicats, l’autonomie financière de la Dgi qui ne devrait plus être dépendante du Trésor pour ses investissements propres. Cette mesure résoudrait, selon lui, plusieurs problèmes dont celui du déficit de la Mutuelle des agents et la réhabilitation ou construction de locaux pour l’administration des Impôts.
Le traitement de ces questions existentielles à la Dgi, affirme-t-il, est si précieux qu’il ne faut pas distraire le temps à des problèmes secondaires ou dilatoires en parlant de complot ou de présentation d’excuses. Convaincus de leur fait et avec le soutien des membres de leurs syndicats, l’Asa-Dgi et l’ANADGI, ont d’ailleurs mis à exécution leur menace en déposant un préavis de grève le 24 juin comme arrêté en AG.
La balle est désormais dans le camp de la direction générale et de la tutelle, le ministère des finances et du budget. Trouver une solution immédiate à la dette de la Madgi, environ 30 milliards à ce jour après l’avance des 5 milliards versés, instaurer les lettres d’avance, quatre (4) au total pour les quatre prochains trimestres pour aboutir à la ligne budgétaire de la DGI pour son autonomie financière, résoudre les blocages dans le profil de carrière, pourvoir aux postes de direction, régulariser le versement des primes trimestrielles et des primes de performance etc. tels sont, selon les syndicalistes, les vrais sujets auxquels il faut faire face. C’est la condition, selon Djedjemel akpa, pour réaliser les performances tant vantées dans la communication ambiante au niveau de la DGI.
S.A. avec Sercom