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Droits humains : Amnesty International dénonce plusieurs zones d’ombre en Côte d’Ivoire 

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L’ong Amnesty International section Côte d’Ivoire a organisé, le mardi 21 avril 2026, à son siège situé Abidjan-Cocody, la cérémonie de lancement de son rapport annuel 2025/26. 
A cette occasion, le Directeur Exécutif d’Amnesty International Côte d’Ivoire, Hervé Delmas KOKOU a, d’emblée, salué des avancées législatives au niveau des droits humains dans le pays , avant de rappeler que le défi majeur reste l’effectivité de ces droits.
A en croire le Directeur Exécutif, le rapport 2025-2026 pointe plusieurs zones d’ombre en Côte d’Ivoire.
D’abord, sur la liberté de la presse, l’ONG internationale de défense des droits humains s’inquiète de l’arrestation et l’extradition vers le Bénin du journaliste réfugié Comlan Hugues Sossoukpé et des intimidations visant les professionnels des médias.
Ensuite, en ce qui concerne le droit de manifester, l’année 2025  a été marquée par des interdictions de rassemblements politiques et syndicaux.  Amnesty International Côte d’Ivoire rappelle, dans son rapport, le bilan lourd des manifestations d’octobre 2025 : 11 morts et plus de 1 600 arrestations.
L’ong internationale de défense des droits de l’homme cite surtout la condamnation du leader syndical enseignant Ghislain Duggary Assy et l’interpellation de plusieurs militants de l’opposition (PPA-CI, PDCI-RDA) ainsi que du cybermilitant Ibrahim Zigui.
Le rapport aborde également la question des déguerpissements à Abidjan. En effet, plus d’un an et demi après la suspension de ces opérations de déguerpissements dans la capitale économique ivoirienne, de nombreuses personnes affectées n’ont toujours pas reçu d’indemnisation adéquate. Parmi elles, 133 agriculteurs et leurs familles, dont les moyens de subsistance avaient été détruits détruits.
Face à ces constats, le Directeur Exécutif d’Amnesty International Côte d’Ivoire a appelé les autorités ivoiriennes à placer les citoyens au cœur des politiques publiques et à garantir pleinement les libertés fondamentales, notamment la liberté d’expression.
De son côté, le Président du conseil d’administration d’Amnesty International Côte d’Ivoire, Hervé Bonfin, a abordé la situation sur le continent africain.
A cet effet , il a souligné que les principaux conflits armés en cours dans la région se poursuivent avec pratiquement la même intensité.
Selon lui, les efforts diplomatiques engagés pour y mettre fin n’ont pas permis de faire cesser les violations qui en découlent, ni de protéger les civils, encore moins de traduire les responsables en justice.
Dans ce contexte, des acteurs extérieurs continuent d’alimenter ces conflits, notamment par la fourniture d’armes et de munitions aux parties impliquées. Par ailleurs, l’objectif fixé par l’Union africaine en 2014 d’éliminer la faim et l’insécurité alimentaire d’ici 2025 n’a pas été atteint.
Il a mis en exergue la situation critique du continent africain. Malgré les efforts diplomatiques, les conflits armés perdurent, alimentés par des acteurs extérieurs fournissant armes et munitions.
Par ailleurs, le rapport souligne l’échec de l’Union africaine à éradiquer la faim en 2025 et note une fragilisation accrue des systèmes de santé, exacerbée par la baisse de l’aide américaine. Sur le plan politique, la répression des manifestations et la traque des voix dissidentes au nom de la « sécurité nationale » restent la norme dans plusieurs pays, tandis que le Soudan traverse la plus grave crise de déplacement au monde.
S.A.