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La deuxième édition de la tribune des « Grands Rendez-vous de l’Agence Ivoirienne de Presse (AIP) » s’est tenue le jeudi 04 juin 2026, à Abidjan-Plateau, en présence du Ministre de la Communication et Porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, du Directeur général de l’AIP, Fousseni Dembélé ainsi que plusieurs institutions et médias.
Invité de ce deuxième numéro qui avait pour thème : « Bonne gouvernance et lutte contre la corruption : quels leviers pour renforcer la confiance des citoyens et investisseurs en Côte d’Ivoire ? », le Président de la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance (HABG), Épiphane Zoro Bi Ballo, a indiqué que la Côte d’Ivoire a enregistré des progrès significatifs en matière de gouvernance et de lutte contre la corruption au cours de la dernière décennie, passant de la 136e à la 76e place mondiale dans les classements internationaux de perception de la corruption.
Selon le Président de la HABG, les réformes engagées par l’État depuis 2013 produisent progressivement leurs effets.
« D’importants efforts ont été réalisés pour renforcer la gouvernance publique, améliorer la transparence et consolider la confiance des partenaires nationaux et internationaux », a-t-il déclaré.
A l’en croire, cette progression de près de soixante places traduit les avancées enregistrées dans le renforcement des mécanismes de prévention et de répression de la corruption.
Il a toutefois souligné que les résultats obtenus ne doivent pas conduire à un relâchement des efforts.
« Beaucoup a été fait, mais beaucoup reste encore à faire. La lutte contre la corruption est un combat permanent qui exige la mobilisation de tous les acteurs de la société », a-t-il affirmé.
Malgré ces progrès, la corruption continue de représenter un coût important pour l’économie ivoirienne. D’après les estimations présentées lors de cette importante rencontre d’échanges qui a duré 1 h 30 min, les pertes indirectes liées à ce phénomène sont évaluées entre 1 300 et 1 400 milliards de FCFA par an, soit près de 4 % du produit intérieur brut (PIB) national.
Pour faire face à cette situation, la HABG poursuit le déploiement de plusieurs mécanismes de contrôle et de prévention. En 2025, l’institution a enregistré un taux de conformité supérieur à 90 % pour les déclarations de patrimoine, avec 9 844 déclarations reçues sur 10 858 attendues.
La plateforme citoyenne SIGNALIS a, pour sa part, enregistré 451 saisines, tandis que le centre d’appels de la HABG a traité plus de 11 000 appels au cours de la même période.
Épiphane Zoro Bi Ballo a également évoqué plusieurs interventions ayant conduit à l’interpellation d’agents publics impliqués dans des faits présumés de corruption dans les secteurs de la santé, de l’éducation et du foncier.
Au-delà de la répression, le Président de la HABG a, par ailleurs, plaidé pour un renforcement de la participation citoyenne et de l’éducation à la citoyenneté, estimant que la bonne gouvernance repose avant tout sur une culture de l’intégrité et du respect de l’intérêt général.
Il a aussi présenté plusieurs réformes en cours, notamment la digitalisation du système de déclaration de patrimoine, la mise en œuvre de la Stratégie nationale de lutte contre la corruption 2024-2028, l’élaboration d’un Indice national de gouvernance et la réalisation prochaine d’une Enquête nationale sur la mesure de la corruption.
Pour lui, la bonne gouvernance constitue un levier essentiel de compétitivité économique, de stabilité sociale et d’attractivité des investissements.
« Une nation se bâtit sur la confiance », a-t-il conclu.
S.A.