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Suite à une décision administrative imminente et controversée en date du 03 avril 2026, la Fédération nationale des acteurs du commerce de Côte d’Ivoire (FENACCI) est montée au créneau et a dénoncé une manœuvre « injuste » au profit du responsable de la SICG, Mohamed Djamal Saïdi.
C’était au cours d’un point de presse animé par le Président du Conseil d’administration de la FENACCI, SOUMAHORO Farikou, le lundi 06 avril 2026, à Adjamé.
Face aux journalistes, Soumahoro Farikou a situé le contexte de cette sortie médiatique, organisée en urgence. Selon lui, cette mobilisation fait suite à une correspondance adressée à la FENACCI le 3 avril 2026, appelant à faire barrage à une décision administrative en préparation.
Cette décision vise le paiement de 11 milliards de francs CFA au profit de Mohamed Djamal Saïdi, dans le cadre d’un vieux litige avec les commerçants.
Le PCA de la FENACCI a dénoncé l’absence d’un audit indépendant et contradictoire, le manque de transparence sur les flux financiers collectés depuis plus de décennies, l’inexistence d’un état consolidé des paiements effectués par les commerçants.
<<On ne peut pas engager l’Etat dans un paiement aussi important sans établir la vérité des comptes>>, a-t-il martelé.
Il a également relevé que ce projet avait déjà été rejeté par le passé par Abdourahmane Cissé, alors ministre du Budget, pour des raisons de bonne gouvernance.
Soumahoro Farikou a soulevé plusieurs interrogations restées sans réponse, notamment le sort des conclusions du comité de crise mis en place en 2018 ; l’état d’avancement du dossier transmis à l’Inspection générale de l’État, et l’absence d’un audit complet des paiements effectués par les commerçants.
A l’en croire, la transparence doit primer avant toute prise de décision.
Les commerçants réclament un audit des comptes.
Prenant la parole à cette occasion, la Présidente du Forum SAFA, par ailleurs porte-parole des Commerçants, Mme SANOGO Sarah a rejeté toute stigmatisation.
<<Nous ne sommes pas ceux pour qui on veut vous faire passer des crapules. Non, nous sommes de vrais acteurs économiques « , a-t-elle déclaré, avant d’ajouter que les commerçants ont déjà financé le projet. <<Les boxes, magasins et étals ont été payés. Des milliers de personnes ont même payé pour des espaces jamais reçus », a-t-elle dénoncé.
Non sans manquer d’évoquer une gestion opaque et rappeler que des 1997, des souscriptions allant de 5 à 12,5 millions de francs CFA avaient été exigés. Après l’inauguration en 2001, un bail leur aurait été imposé.
<< On ne peut pas demander à quelqu’un qui a déjà payé plusieurs millions de devenir locataire>>, a-t-elle fait savoir.
Mme SANOGO Sarah a, par ailleurs, dénoncé une « vraie exploitation de l’homme par l’homme » et révélé des irrégularités dans les paiements effectués, certains ayant été versés sur plusieurs comptes.
Au-delà de ce litige financier, les enjeux sont considérables. Le Forum des marchés d’adjamé constitue un pôle économique clé pour des milieux de commerçants et leurs familles.
Dans un contexte déjà marqué par la cherté de la vie, le délestage, les réformes fiscales en cours, les acteurs du secteur estiment qu’une décision défavorable risquerait d’aggraver leur précarité.
La FENACCI apelle ainsi les autorités ivoiriennes à privilégier la transparence et la justice. Elle exige l’annulation du paiement envisagé par l’Etat, la mise en place des mesures de protection et de valorisation des commerçants.
S.A.