Le litige foncier autour des travaux réalisés sur le site d’Anyama 4 Croix prend une autre nouvelle tournure. Face aux accusations formulées contre son entreprise Sophia Immobilier, M. Touré Ahmed Boua, a brandi des documents pour répondre à ces accusations.
Au cours d’une conférence de presse qu’il a animé, le mercredi 09 septembre 2026, à Abidjan-Cocody, le PDG de Sophia Immobilier, Touré Ahmed Boua, a présenté un rapport d’expertise foncière, des pièces administratives ainsi que des plans topographiques censés éclairer le conflit qui l’oppose à M. Soumahoro Mory, Dirigeant de la société ESTP.
Face à un parterre de médias, le dirigeant de Sophia Immobilier SA a, d’emblée, rappelé que son entreprise est concessionnaire d’un vaste programme d’aménagement inscrit dans la politique nationale d’urbanisation et de résorption du déficit foncier. Selon lui, l’État de Côte d’Ivoire a confié à Sofia SA depuis plus d’une décennie, une mission portant sur une réserve foncière de 629 hectares dans cette zone stratégique.
Face aux accusations dont il fait l’objet, Touré Ahmed Boua a indiqué ne pas vouloir entrer dans une logique de confrontation médiatique.
« Nous sommes ici pour présenter des faits, des documents administratifs, des plans et des résultats d’expertise », a-t-il affirmé, estimant que seule l’analyse technique permet de clarifier une affaire foncière.
Au centre du débat figure un mandat accordé à Estp pour l’achèvement d’un lotissement sur une superficie de 300 hectares située à l’intérieur de la réserve foncière de Sofia SA. Afin de vérifier les conditions d’exécution de ce mandat, l’entreprise a sollicité un expert agréé auprès des juridictions compétentes.
La mission confiée à cet expert consistait notamment à localiser l’assiette foncière de Sofia SA, identifier les 300 hectares attribués à Estp, déterminer la zone exacte des travaux réalisés et vérifier le respect des limites contractuelles définies dans le mandat.
Aux dires de M. Touré Ahmed Boua, les conclusions de l’expertise sont sans équivoque. Le rapport confirmerait l’existence et la localisation précise des terrains de Sofia SA ainsi que celle de la parcelle confiée à Estp. Cependant, il mettrait également en évidence un élément déterminant : les travaux exécutés par Estp sont réalisés sur une assiette foncière différente de celle prévue dans le cadre contractuel.
« Le terrain sur lequel M. Soumaoro et son entreprise ont travaillé est différent de celui qui leur avait été attribué », a soutenu le Pdg de Sofia SA, précisant que cette conclusion émane d’un expert-géomètre agréé et non de son entreprise.
Pour Sofia SA, ce constat constitue le véritable enjeu du dossier. L’entreprise estime ainsi que le débat ne doit pas porter sur des accusations de moralité ou sur d’anciens contentieux fonciers, mais sur une question fondamentale : les travaux ont-ils été réalisés à l’emplacement prévu par le mandat ?
S’appuyant sur les conclusions de l’expertise, Touré Ahmed Boua répond par la négative. Il affirme par ailleurs que Sofia SA avait alerté Estp dès la découverte de cette erreur de localisation. Des correspondances auraient été adressées à Soumaoro Mory pour signaler que les travaux étaient exécutés hors du périmètre défini, tandis que la communauté villageoise concernée aurait également attiré son attention sur cette situation.
En remettant à la presse les documents techniques et les conclusions de l’expertise, Sofia SA entend désormais mener le débat sur les éléments de preuve plutôt que sur les déclarations publiques. Une position qui laisse présager la poursuite d’un contentieux dont l’issue pourrait dépendre des analyses techniques et des procédures en cours autour de ce vaste projet d’aménagement foncier à Anyama 4 Croix.
Touré Ahmed Boua a, enfin, évoqué une mise en demeure liée à l’exécution du mandat d’achèvement des lotissements et de commercialisation, une convocation à une mission d’évaluation et l’annonce d’un audit du site.
S.A.